Une reconversion professionnelle après 31 ans de salariat
Derrière Atelier Framboise, c’est moi, Françoise Thomas. Après 31 ans passés dans le salariat au sein d’une grande entreprise, j’ai choisi de me réorienter professionnellement vers le métier de tapissier d’ameublement et décorateur.
A cette époque, j’ai ressenti un fort besoin de réaligner mon métier avec mes valeurs personnelles, de retrouver un cadre plus proche de mes aspirations ; l’artisanat, l’environnement, l’art.
Ma reconversion professionnelle est très vite devenue une évidence avec ce métier. D’une part, j‘ai toujours été fascinée par la beauté des métiers manuels. Pour moi, cela signifiait donner du sens à mes gestes, renouer avec une certaine forme d’authenticité. D’autre part, aussi loin que je me souvienne, j’aime ressentir la texture et la matière sous mes mains ; j’ai notamment cultivé cette passion à travers la sculpture-modelage et le dessin avec modèles vivants il y a quelques années. Cela n’est donc pas un hasard de me sentir pleinement accomplie dans le fait de redonner vie aux anciens objets et de leur insuffler une nouvelle âme ; le métier de tapissier d’ameublement est au carrefour de tout cela.
Depuis 2019, ce nouveau chapitre professionnel, qui est finalement devenu une véritable aventure de vie, s’est progressivement écrit, avec en ligne de mire, la création de ma société, Atelier Framboise.
Un retour aux sources
Ce métier est pour moi un véritable retour aux sources, une fusion entre mon amour de l’histoire de l’art et celui de l’artisanat. En tant que tapissier décorateur, je pratique un métier d’art qui repose sur un savoir-faire ancestral, aujourd’hui de plus en plus rare. Ce métier se perd faute de jeunes repreneurs, et il me tient à cœur de contribuer à sa préservation tout en apportant ma propre vision, tournée vers l’avenir.
J’aspirais également à m’épanouir dans un travail manuel, qui soit à la fois physique et créatif ; cela comptait d’autant plus après avoir passé des années dans un environnement de travail sédentaire. Ce choix m’a permis de retrouver une réelle satisfaction dans l’accomplissement de tâches techniques et artistiques.


Une première expérience déterminante
J’ai découvert le métier en collaborant avec l’ancien tapissier installé au Donjon (03), Monsieur Balouzat. Venue lui demander conseils sur la restauration de chaises, il m’avait apporté son aide pour le faire ensemble.
Electrochoc, c’est une véritable prise de conscience pour moi : j’ai immédiatement adoré le travail de réfection et tombe en admiration devant ce métier.
Cette première expérience pratique est donc déterminante puisque qu’elle m’a permis d’appréhender, avant même de décider d’une quelconque reconversion, mes capacités et mon réel intérêt. Le test a été concluant : je me lance dans une reconversion !
Me former, créer mon entreprise...
En février 2019, je franchis une étape importante et m’inscris en CAP de tapissier d’ameublement en siège, à l’école de La Bonne Graine à Paris, suite aux conseils d’un tapissier sur Moulins. Ce fut un véritable défi personnel de retourner sur les bancs de l’école à plus de 50 ans ; défi que j’ai relevé avec succès en juin 2020.
À partir de là, tout s’est enchaîné très rapidement :
- Le choix du nom de mon entreprise, un trait d’union entre mon ancienne vie professionnelle, la nouvelle qui se dessinait, et qui je suis devenue.
- Les stages pratiques pour approfondir mes compétences
- L’aménagement de mon atelier dans l’ancienne étable du corps de ferme familial
- Les démarches administratives pour créer mon entreprise
- Le déménagement de Paris vers la campagne
... puis m'installer au Donjon, dans l'Allier
Mon projet d’installation au Donjon est bien plus qu’un choix professionnel, c’est un projet de vie. Mes racines familiales y sont profondément ancrées :
- Mon père et mes grands-parents étaient originaires de Sorbier, un village voisin du Donjon ;
- Mon époux est originaire du Donjon.
En 2012, nous avons pris la décision de reprendre la ferme familiale, en entamant des travaux de rénovation. Dans cette dynamique, il est devenu une évidence pour moi d’y installer mon futur atelier, en lien avec l’histoire de ma famille et le patrimoine local.